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Le saviez-vous ?

Cinéma sonore
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Le cinéma sonore ou cinéma parlant est une technique permettant à un film d'être associé à une bande sonore synchronisée à l'image, par opposition au cinéma muet. Thomas Edison faisait des essais de cinéma sonore dés 1889. Le premier essai public connu de cinéma sonorisé prit place à Paris en 1900, mais la mise au point d'une synchronisation suffisamment fiable pour être exploitée dans le cinéma commercial fut plus longue. La première projection commerciale de films à bande sonore synchronisée fut effectuée à New York en avril 1923. Les premiers films sonores furent appelés "films parlants" (talkies en anglais). "Talkies" est une expression populaire américaine à consonnance plutôt péjorative, l'expression "talkies" désigne encore aujourd'hui plus spécifiquement les tous premiers films parlants que la technique alors rudimentaire peut faire paraître maladroits et bavards. A ce propos, la comédie musicale Chantons sous la pluie (1952) de Stanley Donen et Gene Kelly illustre assez bien les quelques années de transition entre les deux époques du cinéma muet et du cinéma sonore.
On s'accorde à dater à 1932 la phase finale d'adaptation au cinéma sonore. Les techniques liées aux films sonores ne constituent plus une entrave véritable à l'élaboration des oeuvres. Enregistrement en prise directe et postsynchronisation sont désormais au point et l'expression "talkies" passe progressivement de mode.
Historique
Certains qualifient le Don Juan réalisé en 1926 par Alan Crosland et dans lequel figurait John Barrymore de premier véritable long-métrage sonore (bande musicale et effets sonores). Produit par Warner, qui était au bord de la faillite, ce film aura un succès suffisamment important pour justifier le tournage du Chanteur de Jazz.
Le premier long-métrage parlant est Le Chanteur de jazz, sorti en octobre 1927. Dans ce film, le son provenait d'une succession de disques d'une durée de quelques minutes, lus successivement. La lecture était réglée par le déroulement de la pellicule du film. Depuis ce film, le cinéma connaît une véritable révolution technique qui bouleverse toute son industrie. Des carrières se brisent (la voix nasillarde de John Gilbert a raison de sa popularité) et la narration des films, alors à son paroxysme de virtuosité, se rabaisse soudain au stade moins brillant du "théâtre filmé".
Toujours en 1927, avec Le Septième Ciel (film depuis tombé dans l'oubli !), on expérimente une procédé nettement moins encombrant : le son figure sur une pellicule (son optique). C'est encore cette technique qu'on utilise.

Le cinéma parlant devint la norme dès le début des années 1930. Aux États-Unis, ils permirent à Hollywood d'affermir sa position dominante dans l'industrie cinématographique. Hollywood avait pourtant craint au départ que le parlant ne rende leurs productions difficiles à exporter. De fait, le public parisien des premiers films parlants américains les huait en réclamant « en français ! », tandis que les britanniques riaient en entendant l'accent « Yankee », à la limite du compréhensible pour eux. En Europe et dans le reste du monde, l'innovation fut accueillie avec méfiance de la part de nombreux réalisateurs et de critiques, qui craignaient que les dialogues détournent l'attention des spectateurs de l'importance esthétique de l'image muette.
Dans un premier temps, les contraintes d'enregistrement du parlant font régresser les oeuvres en termes de qualité visuelle. En effet, la caméra doit impérativement être fixe ; on l'enferme dans une cabine de verre afin d'éviter que le bruit de la pellicule soit enregistrée en même temps que les dialogues. D'où de longs plans fixes, rappelant une scène de théâtre, comme aux premiers temps du muet ! En 1931, en réaction à l'ankylose cinématographique induite par ces contraintes, René Clair tourne Sous les toits de Paris, un film parlant, et même chanté, qui contourne la question : certaines scènes sont muettes parce que les acteurs se trouvent trop éloignés ou situés derrière une vitre, d'autres sont sonores mais se déroulent dans le noir (le son seul permet de comprendre l'action) et, enfin, la première et la dernière séquence sont constituées d'un long et élégant mouvement aérien de caméra, typique des plans que le sonore avait rendus impossible dans les premiers temps[1].
Parmi les multiples difficultés à surmonter, s'impose celle de l'exploitation des films à l'étranger. Avant que le système de postsynchronisation ne se perfectionne, la première solution envisagée est de tourner deux ou plusieurs versions parallèles d'un même film, en utlisant le plus souvent les mêmes décors, mais en changeant la plupart des comédiens.
L'exception la plus notoire reste celle du duo formé par Laurel et Hardy qui tournèrent eux-mêmes les versions françaises et allemandes de leurs tous premiers titres parlants. A ce propos, leur très fort accent anglais eut en France un tel succés qu'il fut perpétués par la suite dans le doublage de leurs voix.
Autre exemple frappant : Ernst Lubitsch réalise en 1934 une version française parallèle de son film La Veuve joyeuse (Merry Widow), avec une distribution différente, à l'exception des deux vedettes principales. En résulte une curieuse redéfinition de leurs personnages : Maurice Chevalier perd son caractère "étranger" dans la copie française pendant que Jeanette Mac Donald récite son texte avec un accent américain très marqué.
En Asie où le cinéma populaire mêlait depuis longtemps simultanément des films muets et des performances vocales (les benshi au Japon par exemple), le cinéma sonore mit du temps à prendre son essor. En Inde ou encore en Égypte, l'arrivée du son fut le principal facteur de l'expansion rapide de l'industrie cinématographique locale.



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